Olivier Bas, journaliste et directeur artistique de
CD'aujourd'hui et de Top Of The Pops (France2)
Je ne comprends pas cette attitude qui consiste à vouloir
tout gratuit, simplement parce que c'est facile. On ne photocopie
pas les livres ! Est-ce que le copieur se rend compte qu'il
vole l'artiste et ceux qui ont investi pour produire l'album
?
Alors oui, il faut éduquer les gens, leur expliquer. Les artistes aussi doivent s'engager. On ne peut tout de même pas accuser les gens qui téléchargent d'être des voleurs sans leur donner les moyens de comprendre les implications de ce qu'ils font. Pour ça, promusic est une très bonne initiative.
Mais il y a aussi la mauvaise fois de certains, qui cherchent de mauvaises excuses du genre : "ce que je télécharge, de toute façon, je ne l'achèterais pas". Inacceptable aussi de dire : "comme sur ce disque il n'y a que 3 titres qui me plaisent, je vais les copier plutôt que de l'acheter".
Avant de faire ce métier de journaliste musical, de médiateur au service des artistes, j'ai longtemps travaillé, à différents postes, dans plusieurs maisons de disques. A ce titre, j'en connais tous les travers et je sais aussi que celles-ci ont une part de responsabilité. Oui, elles ont eu tendance à trop faire du jetable, à trop marketer, à abuser des rééditions et parfois à ne pas respecter le public. Par exemple quand elles rééditent une nouvelle version d'un album qui s'en est déjà vendu à des centaines de milliers d'exemplaires en ajoutant un titre, un DVD, sans permettre aux premiers fans de se procurer ces bonus sans tout racheter.
Alors oui, il y a besoin d'un respect réciproque entre
les artistes et leurs maisons de disques, et le public. Mais
il y a une certitude, c'est que la musique est un métier
et que l'émotion a le droit d'être payante.
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